Accueil
Les actualités
Le Yoga et son essence primordiale

Le Yoga et son essence primordiale

Diebold Laura

Publié le vendredi 11 mai 2018 par Diebold Laura

Catégorie : Bien-être - Yoga

Yoga babaji


Le Yoga est une voie de transformation intérieure, où l'on s'explore par un ensemble d'exercices, pratiqués comme une gymnastique traditionnelle hindoue. Celle-ci a pour principe de réunir l'individu avec le principe de toute existence, cette essence commune que nous avons avec toute chose.


Il existe 4 voies pour le pratiquer : 

* le jnana yoga : la voie de la connaissance transcendante

* le bhakti yoga : la voie de la dévotion

* le karma yoga : le yoga de l'action désintéressée

* le rāja yoga, dit yoga royal, ou ashtanga yoga, qui est la voie du yoga qui s'inspire des yoga-sûtras de Patanjali. Si l'on associe « Ashtanga » à « yoga », alors on désigne le yoga en huit membres (angas).


Il y a deux textes sacrés que tout étudiant de yoga explore : les Yoga-sûtra de Patañjali et la Bhagavad Gītā que j'aimerais vous présenter pour mieux comprendre ce qu'apporte le yoga. 


Les Yoga-sûtra de Patañjali

Ce recueil de 195 aphorismes que l'on attribue au savant Patañjali (IIe avant JC) décrit l'univers intérieur de l'homme, et les moyens qu'il a de se libérer de l'ignorance qui entraine sa souffrance.

Les yoga sûtras divisent la pratique du yoga en quatre chapitres : l'unification, le cheminement, les pouvoirs, et l'émancipation. 


Chapitre I, l'unification : Samâdhi pāda

Patañjali y décrit le yoga comme une action permettant la cessation de l'agitation du mental qui stimule la souffrance et la confusion de l'égo parce qu'il est confondu avec le Soi.

« Yoga chitta vritti nirodha » ou « le yoga est l'arrêt des fluctuations du mental ». 

Le yogi voit la réalité avec un regard différent sans notion de bon, ou de mauvais, de tien, ou de mien. Quand toutes les fluctuations sont enfin éradiquées, on forme Un avec le Tout. On expérimente l'Unité, l'Union avec le Tout, sans différence entre notre divinité intérieure et le Divin. 

Patañjali indique les obstacles que l'on peut rencontrer dans ce processus, les moyens existant pour les dépasser, et il décrit les différents stades du samādhi (union, accomplissement, totalité)


Chapitre II, le cheminement : Sādhana pāda

Dans ce chapitre, on étudie les causes de notre souffrance, et Patañjali propose la discrimination comme exutoire : 8 directions sont alors données au yogi comme principes de vie pour cheminer : 

- Les Yamas : les devoirs moraux, la discipline à respecter envers les autres comme envers soi-même. 

Les cinq yamas sont :

* Ahimsa : la non-violence

* Satya : la vérité, l'honnêteté

* Asteya : l'honnêteté (de ne pas voler)

* Brahmacharya : la continence, pratiquer la conscience du Divin

* Aparigraha : la non-convoitise, la non-possessivité 


- Les Niyamas sont quant à eux des accords de conduite que l'on a avec soi-même, pour se discipliner, se mesurer : 

* Saucha : la propreté du corps et de l'esprit

* Santosha : le contentement

* Tapas : l'austérité spirituelle, l'ascèse, entrainer les sens

* Svadhyaya : la connaissance des textes sacrés, la connaissance de soi-même

* Isvara pranidhana : l'abandon, la dévotion à Dieu, la résilience aux fruits de la pratique du yoga. 


- Āsana : Sthira sukham āsanam

Le principe du jeu entre la fermeté, la stabilité (Sthira) et le confort, l'aisance (sukham), trouver le juste milieu pour perfectionner sa posture. Un élément essentiel du recueil : le jeu du yin et du yang, du Ha (soleil) et du Tha (lune), les principes extrêmes qui se complètent.

L'asana est à la fois la parfaite fermeté du corps, la stabilité du mental, et la bienveillance de l'esprit. Patañjali ne parle d'ailleurs à aucun moment de posture de yoga, ce précepte étant valable en tout instant de la vie.  

- Prānāyāma : science, conscience de la respiration. Le recueil ne détaille ici aucune technique de Prāṇāyāma, ni ne parle de contrôle du souffle. 

- Pratyāhāra : contrôle des sens : il s'agit pour le yogi de discerner la perception sensorielle de l'objet perçu. 


On a ici les 5 premiers aṅgas (pratique ou discipline) du Hatha Yoga. 


Chapitre III, les pouvoirs : Vibhûti pāda

Patañjali y décrit les trois derniers aṅgas que sont : 

* Dhāranā : concentration profonde, pouvoir garder son esprit concentré sur un seul objet. 

* Dhyāna : méditation profonde, maintien du mental dans un courant ininterrompu. 

* Samādhi : absorption profonde, où seule l'essence est l'objet, le point qui brille dans le mental, comme si le mental avait même pris sa forme. Il s'agit en fait d'une contemplation profonde puisque l'on peut tout percevoir hors de quelque projection personnelle que ce soit. 

L'attention engendre la concentration (dhāranā), la concentration engendre la méditation (dhyāna), et la méditation l'absorption (Samadhi).

Vibhûti pāda est également connu pour évoquer les pouvoirs merveilleux (siddhi) que peut avoir un yogi. Le chapitre rappelle aussi que la simple quête de ces pouvoirs peut devenir un ralentissement de leur obtention.


Chapitre IV, l'émancipation : Kaivalya pāda

Ce chapitre sur la libération finale explique comment le mental est construit, et comment il voile la lumière intérieure du Soi. 

Patañjali expose donc les concepts de karma et de dualité, et comment aller de la dualité vers l'unité. 

Le chapitre IV reprend et approfondit tout ce qui a été énoncé dans les trois premiers chapitres pour rappeler comment parvenir au détachement ultime, celui qui mène à la moksha, la libération finale de l'âme individuelle -ou jīva- du cycle des renaissances.


Bhagavad Gītā

Signifiant littéralement « chant du Bienheureux » ou « Chant du Seigneur », la Bhagavad Gītā est la partie centrale du poème épique Mahabharata, texte fondamental de l'hindouisme souvent considéré comme un « abrégé de toute la doctrine védique » et comme le plus grand poème jamais rédigé.

La Bhagavad Gītā est composée de 18 chapitres. Il s'agit d'un échange entre Krishna et Arjuna sur le champ de bataille de Kurukshetra, ou comme j'aime à le penser, d'une conversation entre Dieu et son meilleur ami, l'homme. 


Le verset 48 du chapitre 2 « yoga-sthaḥ kuru karmāṇi saṅgaṁ tyaktvā dhanañjaya siddhy-asiddhyoḥ samo bhūtvā samatvaṁ yoga uchyat » constitue l'aphorisme central de la pratique du yoga : Krishna affirme en effet à son ami que le yoga est un « moyen de rester d'égale humeur en parole, en pensée et en action. Cette façon de cultiver l'unité en parole, en action et en sagesse aide à atteindre le but d'unir le soi avec le Soi. »


Pratiquer le yoga apporte l'harmonie, l'unité entre le corps et l'esprit, une cohérence qui nous mène vers Sattva (état de clarté, de lucidité, de lumière). C'est de manière directe que l'on prévient - ou agit - pour faire cesser les perturbations du mental, qui créent du karma. 


Durant une séance de yoga, les asanas (postures) habilitent à l'examen du mental, de ses faiblesses. Une respiration peut mener à leur disparition ! 

Respirer mène en effet à l'alignement, qui ne se trouve pas en une seule séance de yoga, qui peut être difficile à retrouver même lorsque l'on pratique quotidiennement : avec patience, bienveillance et persévérance, on peut trouver cette sensation d'immobilité. 


Il existe trois grands centres de pouvoir dans le torse. Dans l'ordre : le bassin, le coeur, et la tête. Trouver son ancrage avec son bassin, ouvrir son coeur, et laisser la tête suivre ce dernier, en voilà un mode de fonctionnement différent de celui du traditionnel mode occidental ! 

On ouvre le corps à des sens plus subtils, ce qui engendre une plus grande ouverture d'esprit, une plus grande lucidité. 

Le corps est un excellent instrument pour développer la conscience. Chaque rencontre avec celui-ci offre des champs nouveaux. D'ailleurs, le simple fait de rentrer dans une posture de yoga fait circuler l'énergie pranique (vitale) et active Agni, le feu intérieur brûlant en chacun de nous, qui nourrit notre Esprit. C'est pourquoi la pratique doit être régulière, voire quotidienne, en réalité. Il n'y a pas de compétition en yoga, il s'agit simplement de se retrouver avec soi, de faire l'effort de le faire, d'en avoir la volonté. 


Notons également que faire du yoga, c'est sortir de ses schémas, arrêter de nourrir l'ego, le principal filtre qui nous empêche même de voir où commence la conscience juste envers le Soi. 

Le yoga habilite à agir en cohérence avec nos véritables besoins profonds, nos intentions, nos valeurs. Il soutient l'aboutissement de notre nature authentique.



Sources  

B. K. S. Iyengar, Le coeur des yogas sûtras

La Bhagavad Gītā

Les Yoga-sûtra de Patañjali

0 commentaire

Connectez-vous pour laisser un commentaire !

Derniers articles de
Diebold Laura

blog

Les bienfaits de l'alimentation végétale

Le végétalisme est une alimentation basée sur les pr...

blog

Les Thérapies Esséniennes

« Le sens du Sacré est le sens de la Vérité cach...