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Retour à la maison pour retrouver la confiance

Retour à la maison pour retrouver la confiance

LE VAILLANT Colette

Publié le dimanche 08 juillet 2018 par LE VAILLANT Colette

Catégorie : Thérapies


« Comparaison n’est pas raison » affirme si justement le proverbe populaire. En effet, humainement parlant, aucune comparaison n’est valable. Qu’il s’agisse de se mesurer à soi-même à une autre période, ou de se confronter à un autre, l’écart de nature entre les termes de la comparaison, lui ôte tout fondement.


Toute comparaison d’une personne à une autre est donc un mensonge. Elle revient toujours à se vouloir autrement que ce que l’on est, tel que l’on aurait été, que l’on voudrait être, que l’on devrait être …


Or, observez ce que produit immédiatement la comparaison sur vous. Des émotions émergent : tristesse, colère … Une forme de malaise diffus qui pousserait à choisir entre soi et l’autre, à se sentir inférieur ou supérieur, mieux ou moins bien. L’extérieur devient norme.


La comparaison nous coupe de notre intériorité, mais aussi de la relation à l’autre. Elle active la compulsion du mental à produire du faux, de l’illusion. S’échafaudent alors des pensées parasites, des croyances, nous faisons et refaisons le film en réactualisant les données, bref, une véritable bouillie de mental ! Le fruit de la comparaison et du jugement devient une idole devant laquelle nous nous statufions et nous prosternons.


Pourtant, nous serons toujours tels que nous sommes et l’autre restera toujours un autre.


La comparaison distille son poison et débouche irrémédiablement sur le jugement de soi ou de l’autre, sur une base de morale, de diktat, de norme. Toutes ces phrases commencent par « ça devrait être comme ci ou comme cela … »


Le jugement est différent de l’appréciation. Il représente toujours une projection sur l’autre, d’une partie de nous que nous refusons. Si l’on veut bien s’y intéresser, à l’instar de l’émotion, le jugement est un précieux indicateur pour notre travail intérieur. Quel est cet aspect de moi auquel je ne donne pas droit de citer ?


Quant à l’auto jugement, au moment précis où nous avons le plus besoin de faire alliance avec nous-même, il assène une double peine, un démembrement des forces. Au cours de ce mouvement de dévalorisation, de dépréciation, nous donnons les rênes à l’extérieur et aux croyances. 


Dans cet enchainement, une division intérieure émerge et se creuse. Une partie de soi n’est pas intégrée, acceptée.  La comparaison, le jugement, puis la culpabilité vont renforcer ce clivage.


Rien de plus stérile que la culpabilité. Elle représente l’expression d’un refus, doublée d’une haine de soi. Pourtant, comment ne pas se rendre compte qu’à chaque instant, nous ne pouvons agir que de la meilleure des façons qui soit, dotés des données dont nous disposons et avec ce que nous sommes, précisément à ce moment-là. Lorsque nous sommes unifiés dans nos prises de décisions, la culpabilité n’a plus de place.


Comparaison, jugement et culpabilité représentent ainsi le trio infernal, une sorte de triangle des Bermudes de la confiance en soi. Cette confiance n’est pas une croyance de surface ou une pensée magique. Il s’agit bien d’un ancrage plus profond à ce qui nous constitue.


Le trio infernal nous entraine donc dans un décentrage et une diversion de soi.


Si nous parvenons à nous couper, nous affranchir de la comparaison, nous récupérons autonomie, force de vie et légèreté dans l’action. Ainsi, lorsque l’on est plein de soi, la détente, la joie et l’allant de notre force de vie se font pleinement ressentir. En ouvrant le chemin de notre créativité et de l’action, nous rompons le schéma mental répétitif.


Assurément, l’endroit le plus sécurisant, le plus nourrissant et le lieu idéal de réassurance réside au cœur de nous-même. Or, le premier réflexe en cas de déficit de confiance en soi est d’aller chercher (voire quémander) approbation, secours et réassurance à l’extérieur, par les autres.


Ce réflexe est quasi-naturel, tous nos sens ne sont-ils pas orientés vers l’extérieur ? Il nous appartient donc d’actionner ce mouvement de retournement vers l’intérieur. La métanoïa dont nous parlent les textes sacrés ! Pour apprendre à voir avec les yeux de l’aveugle, entendre avec les oreilles du sourd …


Certaines conditions favorisent ce retournement :


La méditation, par le silence et l’immobilité. Nous pouvons le sentir également lorsque l’un de nos sens vacille (dans une simple sensation d’oreilles bouchées par exemple). L’accès est aussi facilité en période de jeûne, notamment à partir du 3ème jour, lorsque le corps comprend qu’il ne recevra pas les aliments de l’extérieur et qu’il doit inverser le mouvement pour se nourrir de l’intérieur. Le jeûne est aussi propice à s’interroger sur ce qui nous nourrit de façon large : nos relations, les films que l’on regarde, nos lectures, nos habitudes de vie. Sommes-nous dans la gloutonnerie, dans la faim insatiable et aveugle, dans des choix conscients et nourrissants ?


Aussi, le trio infernal : comparaison, jugement, culpabilité constitue bien de la pure production de mental, propre à nous éloigner de nous, des autres et de notre chemin de joyeuse réalisation.

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